43 % des Français avouent avoir été infidèles au cours de leur vie, contre 19 % en 1970 : voilà ce que l’on peut lire régulièrement dans la presse ou entendre dans des émissions grand public. Cela voudrait dire pratiquement la moitié de la population française. Comme si l’infidélité était un nouvel art de vivre, un sport à pratiquer, une case à cocher ! Ces chiffres, sont-ils vrais ?

Au cours de notre vie, nous serions nombreux à avoir fait un détour par l’infidélité ! Pratiquement la moitié de la population française ! Ces chiffres sont tirés d’une étude réalisée en 2016 pour Gleeden, le site de rencontres extraconjugales1

Charlotte Le Van2, sociologue, avance d’autres chiffres3 : sur 12 364 personnes sondées en 2006, 27,1 % des hommes et 15,1 % des femmes déclarent avoir connu, au cours de leur vie, au moins un moment où ils vivaient deux relations sexuelles en parallèle. » Impossible que ces chiffres passent du simple au double en l’espace de huit ans ! » s’insurge Charlotte Le Van.

En regardant une émission grand public au cours de laquelle les chiffres de Gleeden étaient mis en avant, je me posais les questions suivantes : qui, parmi eux, a déjà trompé son conjoint ? Qui, parmi eux, en écoutant ces statistiques, se dit : « Allez ! tout le monde le fait, je peux bien le faire, d’autant plus que c’est pas terrible en ce moment entre nous ! », ou bien « J’ai bien raison de penser que c’est un gros s….. de m’avoir fait ça ! », ou bien encore « Comment a-elle pu me faire ça ? Avec mon meilleur ami ! »

Comment réagit-on quand on entend que « tout le monde le fait » ? Se laisse-t-on tenter par l’effet de groupe qui pousse, au moindre problème, à se laisser séduire ou à séduire, en réponse  au mal-être de son couple ?

L’on peut en rire dans une émission grand public, ou faire semblant… À recevoir quotidiennement des couples vivant l’infidélité, je connais le tsunami émotionnel qu’elle provoque au sein d’un couple, au sein d’une vie ! Combien de souffrances cachées, honteuses, destructrices ! Combien de dépressions, de mal-être, de bouleversements de vie !

Même s’il est possible de surmonter une infidélité quand les deux personnes du couple le souhaitent, quel gâchis quand, la plupart du temps, cela pourrait être évité !
D’où l’urgence pour les couples de s’en saisir ensemble. Non pas chacun de son côté mais en prenant du recul par rapport aux chiffres pour éviter le poison de la comparaison.

D’où l’urgence pour les couples de discuter ensemble de la fidélité, de l’infidélité, de ce qu’ils attendent de leur vie conjugale.

D’où l’urgence pour les couples de prendre du temps à deux, de se créer des moments heureux, complices, romantiques, etc.

Et à partir de quel moment se considère-t-on trompé(e) ? Trahi(e) ? un regard, une intension, un geste, ou seul l’acte sexuel peut être lié à l’affirmation de “tromperie” ?

C’est la raison d’être de mon dernier livre : est-ce que regarder, c’est tromper ?

Prenez soin de votre couple !

1. Etude IFOP pour Gleeden réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 14 au 17 mars 2016 auprès d’un échantillon de 2003 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

2. Charlotte Le Van, Les 4 visages de l’infidélité, Payot, 2010.3. Etude réalisée par Nathalie Bajos, Michel Bozon et l’équipe CSF, Enquête sur la sexualité en France. Pratiques, genre et santé, Paris, La Découverte, 2008.

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