Ou le syndrome de Peter Pan en temps de Covid

La peur est souvent mauvaise conseillère. Nous pouvons la laisser entrer chez nous en écoutant en boucle les informations. Mais malheureusement, elle peut aussi “s’inviter” par la perte d’un emploi ou des nouvelles peu réjouissantes. Décryptons cette émotion pour mieux savoir la gérer.

De jour en jour, nous risquons d’étouffer par les masques qui envahissent notre vie et notre planète. Nous regardons pathétiquement le chômage qui galope à temps partiel, les glaciers qui fondent en larmes, l’économie tétanisée dans sa chute libre.

Ce « Nouveau Monde » du Covid semble marcher sur la tête ! Les temps sont incertains…
Quand nous faisons la liste de toutes ces informations propagées en boucle et en temps réel sur nos écrans, la peur devient omniprésente, comme une ombre dont on ne peut se détacher… Nous avons beau essayer de nous en dépêtrer, elle ne nous lâche pas !

Souvenez-vous de Peter Pan… Il s’en prenait à son ombre car celle-ci le suivait en permanence ; il avait beau se battre contre elle, la rejeter, elle revenait avec persistance, imperturbablement.
Il en est de nos peurs comme une ombre qui nous colle à la peau, indétrônable, impassible… Au sein du couple, elle s’immisce dans les conversations, dans les projets qui tombent à l’eau, dans la gestion du porte-monnaie commun, dans les moindres signes ou éternuements…, à faire vaciller ou exploser un amour qui nous paraissait pourtant si profond !

Que faire quand cette peur se greffe comme une tierce personne au sein de notre couple, qu’elle soit personnelle, conjugale, familiale, économique, écologique, planétaire ? Comment accueillir celle de notre conjoint sans nous noyer dedans ?

Même si nous ne pouvons nous séparer de notre ombre, nous avons quand même le pouvoir de la diminuer ou de l’agrandir. Il en est de même de nos peurs.

Voici 4 pistes à explorer. Elles ne sont pas des remèdes miracles, mais des éléments de réflexion pour nous et pour le couple.

1- Regardons les infos avec parcimonie et sagesse.
Sélectionnons les sources d’informations qui transmettent l’essentiel, sans le sensationnel anxiogène. Pour juger de la pertinence de ce qui est doit être regardée, il suffit de nous poser une question : nous sentons-nous plus inquiets après avoir écouté les infos ? Si oui, changeons de source !

2- Entourons-nous des bonnes personnes, source de bonnes « contaminations »… au lieu d’écouter celles qui sont spécialistes pour nourrir nos peurs. La question à nous poser après une conversation est la même : comment nous sentons-nous ? Cela nous a-t-il fait du bien ou est-ce anxiogène ? Surtout, ne nous coupons pas du monde, mais fréquentons les personnes qui inspirent le bon, la paix, la joie, la détente… et devenons également ressource pour elles !

Ne nous coupons pas du monde, mais fréquentons les personnes qui inspirent le bon, la paix, la joie…

3-Faisons du sport !
En effet, le sport est une excellente façon de réguler une hygiène émotionnelle : gérer un trop-plein d’émotion, penser à autre chose, oxygéner notre corps, nos émotions et notre mental.

4- Différencions les bonnes peurs des mauvaises.
Il y a la « peur émotion » qui indique un danger souvent immédiat. Elle est une invitation à se protéger, et avec l’apparition du Covid, à protéger les autres.
Danger en lien avec la santé, qui est une invitation à porter un masque, à éviter de se mettre en danger, soi et les autres…
Danger en lien avec la situation économique, qui invite à prendre des mesures budgétaires, etc.
De quoi avons-nous besoin pour nous rassurer ?

Il y a la « peur sentiment » : elle est élaborée, construite par le psychisme et les pensées, elle s’autoalimente et est très contagieuse si l’on n’y est pas attentif ! Serge Marquis, auteur canadien compare ces pensées obsessionnelles, à un hamster, Pensouillard, qui tourne dans sa roue à ne plus pouvoir s’arrêter. Il faut donc aider Pensouillard à sortir de cette roue et à vivre autre chose, car — il est bon de le savoir — la plupart des peurs sont infondées et même autoréalisatrices… On craint de tomber, et voilà que l’on tombe… la prophétie se réalise…

Regarder ses peurs, comprendre leurs messages est un travail personnel et collectif pour un bénéfice personnel et collectif.
Il nous faut donc gérer la peur, mais sans oublier qu’elle possède un côté positif si elle nous permet de nous poser cette réflexion et la question suivante : nous sommes fragiles, nos vies sont fragiles… Comment en profiter au maximum aujourd’hui avant qu’il ne soit trop tard ?

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